Revenir aux poèmes

EVIDEMMENT

Évidemment je les prends pour mes enfants,
Évidemment ils sont ma préférence,
Parce que je ne peux dire en un mot,
Ce que mon cœur exprime en écho,

Evidemment je les aime,
Ces êtres si fragiles,
Présent ou avenir,
Je ne peux rien prédire,

Mais chacun est venu,
Me dire sans refus
Que dans leurs cœurs
Je resterais comme un bonheur,

Mais chacun est venu,
Finir sa nuit dans mon refuge,
Pour oublier leurs blessures,
En un temps si obscur,

Evidemment je les écoute,
Evidemment je les berce,
Si simplement, si doucement,
Comme une mère et son enfant,

Parce que mon cœur croit,
Que dans ce monde d’effroi,
Un peu de chaleur humaine,
Peu rendre la vie plus belle,

Evidemment je comprends leur douleur,
Evidemment je devine leur rancœur,
Car les mots ne sont pas toujours acteurs,
Car les paroles sont souvent trompeuses,

Ne cherchez pas à comprendre,
Ces lignes sont sans doute,
Que le reflet de mes espérances,
Que le déclin de ma souffrance,

Cette maladie qui me hante,
Sournoise depuis mon enfance,
Gardienne de mes tourments,
Vanité d’une femme absente,

Evidemment que ces lumières s’éteignent,
Evidemment que mon cœur est voleur,
De ces douceurs de ces candeurs,
Qui oublient ce monde de peur,

Laissons donc ces chimères,
Sur le pas de la porte
Sans scrupule ni reproche
Quand ils passent l’embrasure…

Illustrateur: Monkey